Une histoire de glace, l’histoire d’ice roll

histoire de glace roulée

L’histoire d’iceroll nous vient de la récolte de la vanille à Madagascare.

Une lumière verte et intense jaillissait d’une végétation tropicale luxuriante. En son sein, chantaient des oiseaux d’une beauté rare et un vent frais provenait de l’océan Indien. Dany cueillait sa vanille bourbon qu’il avait plantée là, sous l’ombre d’un arbre, à l’extrémité de son jardin. Quelques années auparavant, il espérait voir s’épanouir cette orchidée aux pétales blancs dans cet environnement propice aux fleurs éclatantes et aux fruits odorants.
Lorsqu’enfin il put récolter cette gousse verte de plusieurs centimètres de long, il se mit à réfléchir à la meilleure façon d’utiliser cette merveille aux propriétés étonnantes. Bien qu’elle méritait encore plusieurs jours de préparation minutieuse pour qu’il puisse sentir cet arôme d’épice moelleuse et agréablement parfumée, le concept pour faire découvrir ce trésor à sa juste valeur ne lui vint pas encore à l’esprit.
C’est un jour comme un autre, en Suisse, qu’il découvrit dans la pièce de stockage d’un local de musique, deux machines entassées comme du vulgaire mobilier. Elles étaient l’une sur l’autre. Deux grandes boîtes d’apparence rectangulaire, perchées sur roulettes, avec une plaque ronde en inox sur le dessus et des petits bols compartimentés sur la gauche de cette dernière.
On lui expliqua que la plaque servait à congeler instantanément les ingrédients placés dessus. Elles avaient été conçues pour la conception de mets glacés. A moins trente degrés Celsius n’importe quel aliment se congelait aussitôt. Il suffisait de racler ensuite cette “plancha” particulière pour servir une cuisine froide.
Ces fameuses plaques appartenaient à Abder, l’un de ses amis, qui était parti en vacances en Asie du Sud-Est et avait eu l’ambition d’en importer pour monter sa petite affaire. Il avait vu qu’en Thaïlande, des petits stands vendaient des glaces artisanales directement dans la rue. Avec du lait condensé et des biscuits, certains autochtones façonnaient des rouleaux avec des spatules et disposaient ensuite leurs glaces dans de petits gobelets en cartons. C’était un spectacle culinaire unique pour la plupart des badauds. Les gens s’agglutinaient telle une foule intriguée et repartaient avec un souvenir sucré en bouche.
C’est avec une confiance certaine qu’Abder s’essaya, sans connaissances particulières, à ce nouvel art culinaire. Dans cet entrepôt aux murs gris avec des néons cinglants une clarté artificielle, il tentait de reproduire ce qu’il avait vu avec les mêmes gestes et les mêmes ingrédients en poudre que les glaciers du pays du sourire. Mais la magie ne prit pas. Sa glace ne se congelait pas convenablement et était beaucoup trop sucrée. Ses espoirs s’effondrèrent. Il oublia les machines derrière lui en refermant la porte, tout comme il laissa le souvenir de cet échec dans la pénombre de ses souvenirs.
Originaire de Madagascar, l’île aux mille facettes, aux mélanges culturels aussi variés qu’étonnants, foisonnant de goûts et de senteurs enivrantes: indienne, perse, africaine, asiatique, Dany vit comme une bénédiction le potentiel de ces machines. Sa culture associée à sa formation de cuisinier en diététique lui permettait d’apporter son savoir-faire culinaire dans ce dessert glacé. Mais surtout, il avait trouvé le moyen de faire goûter sa vanille cultivée avec amour. Sans rien dire à personne, il emporta ses deux engins chez lui et s’enferma dans sa chambre. Il commença à essayer les mélanges adéquats pour réussir à créer une crème glacée digne des plus savants maîtres glaciers artisanaux Italiens en y apportant sa créativité et une part de sa culture.